"Intelligence is the ability to work

 

and adapt to the environment with

 

insufficient knowledge and resources"

 

(Wang, 1995)

Le cognitif est du domaine de l'information

L'affectif est du domaine du contrôle

L'action est du domaine de la réalité

 

Quel est le problème?

Comment utiliser son cerveau pour avoir un comportement intelligent?
Utiliser son cerveau suppose qu'on sait comment il fonctionne.
Comment fonctionne le cerveau, afin de l'utiliser pour avoir un comportement intelligent ?

Pourquoi est-il intéressant?

L'intelligence est la faculté d'action et d'adaptation dans un environnement en ne possédant que des ressources et des connaissances insuffisantes. (Wang 1995)

L'adaptation peut être améliorée par l'augmentation des connaissances, et notamment par la connaissance du fonctionnement de l'organe qui détermine les actions pour l'adaptation. Cette connaissance doit être compréhensible afin de devenir un savoir-faire pratique, applicable par tous dans la vie de tous les jours.

Quelles sont les approches proposées dans le passé?

L'approche la plus ancienne est une explication donnée par les religions et propose le principe d'une entité surnaturelle, l'esprit ou l'âme, qui rend compréhensible un concept formel (un mot qui signifie une relation entre des propriétés). Cette approche propose des règles de comportement afin de s'adapter à un environnement composé de naturel et de surnaturel.

Dans l'antiquité grecque, la médecine et la philosophie proposent le principe de trois entités naturelles. Une entité cognitive, une entité affective et une entité végétative. Les entités affective et végétative sont communes à l'homme et à l'animal. Seule l'entité cognitive distingue l'homme de l'animal. L'approche est une explication donnée par la philosophie qui propose le principe du logos: "ce quelque chose qui fait que les hommes communiquent entre eux et influencent leurs actions mutuellement".

Pour Platon l'âme est composée de trois parties:
- logos: l'âme rationnelle, humeur du cerveau, la substance de l'âme rationnelle demeure après la mort.
- thumos: l'âme colérique et animale, humeur du coeur, volonté, l'âme colérique existe afin que l'âme rationnelle l'appelle au secours pour réprimer l'âme désirante et l'empêcher de distraire l'âme rationnelle d'utiliser la raison.
- epithumiai: l'âme végétative, croissante et désirante, humeur du foie, l'âme végétative existe pour nourrir le corps.
Pour Platon, eros est la force motrice qui fait agir.

Il faut remarquer que ces entités sont supposées être des substances (composé organique ou ce qui est en soi), des humeurs. Par la suite ce principe du logos sera appelé principe de la raison. Cette approche met l'accent sur l'entité cognitive qui doit servir à déterminer l'action.
Les progrès de la science et de la technique ont démontré que l'utilisation exclusive du principe de la raison était valable pour déterminer les actions à entreprendre pour adapter l'environnement. Mais l'utilisation exclusive de ce principe n'explique pas toutes les actions entreprises par un individu pour s'adapter à son environnement. Dans ce cas, au lieu de rechercher une explication dans un autre cadre de pensée, on dit qu'il a un comportement irrationnel.

Quelle est une nouvelle approche?

Le fonctionnement du cerveau est complexe et il ne peut être expliqué par la notion de substance mais par la notion de processus au niveau neuronal et physio-chimique. Ces processus sont tellement complexes qu'ils sont pratiquement incompréhensibles par des non-spécialistes. Il nous faudra donc interpréter ces processus réels par des processus  plus simples qui doivent toutefois être en accord avec les processus réels. Nous proposons le principe de l'objet mental cognitif, les processus étant définis par les manipulations de ces objets mentaux, telles que intuition, jugement rationnel, jugement rationnel algorithmique, jugement rationnel logique, jugement de vérité.

Le fait de négliger, ou même de rejeter, l'aspect affectif  du cerveau n'est plus admissible aujourd'hui vu l'état des connaissances scientifiques. Cet aspect affectif peut être expliqué par des processus cybernétiques qui sont difficilement compréhensibles par des non-spécialistes. Il nous faudra donc, à nouveau,  interpréter ces processus réels par des processus plus simples qui doivent toutefois être en accord avec les processus réels. Nous proposons le principe de la valeur qui détermine si une action a lieu ou pas, et quelle action est choisie par un jugement de valeur.

Ces deux principes vont nous permettre de mieux définir le savoir qui oriente l'action: les croyances, les règles et les lois.

Cette approche ne s'intéresse pas au problème de l'existence ou de la non-existence d'une substance surnaturelle, l'âme, qui soit intégrée ou non dans le cerveau. Par contre il est évident que la croyance en l'existence ou la non-existence de cette substance influence l'orientation de l'action.

Pourquoi et comment cette approche est-elle meilleure?

Les anciennes approches, dans le paradigme de la raison,  n'expliquent pas certains comportement appelés irrationnel. Il ne s'agit pas de rejeter le principe de la raison, mais de le limiter à son domaine cognitif, et de le compléter par autre chose qui est du domaine affectif.
Il s'agit de changer de paradigme, de cadre dans lequel la pensée peut se développer, afin d'agir dans la réalité avec plus de chance de succès.
Ce changement est possible du fait que la médecine a abandonné la théorie des humeurs au 19ième siècle, et qu'à partir du milieu du 20ième siècle, de nouvelles façon de penser les problèmes complexes commencent à être disponibles. Ce changement sera difficile, car le paradigme de la raison existe depuis 2.500 ans.

Cette approche est multidisciplinaire. Elle est basée sur une expérience pratique des relations humaines que j'ai acquise dans des fonctions dirigeantes exercées au cours de ma carrière professionnelle. Elle est basée sur des connaissances générales en philosophie du langage (Wittgenstein), en neuroscience (Changeux) et en cybernétique (Ashby). C'est une combinaison des idées de ces disciplines en y intégrant l'aspect affectif.

Cette approche n'est pas une série de recettes pour avoir un comportement intelligent. C'est une description du fonctionnement et du mode d'emploi du cerveau. La connaissance du mode d'emploi facilite un comportement intelligent, mais ne le garantit pas.

Comment cette approche aide les autres dans leurs applications et leurs recherches?

Les notions d'objet mental et de valeur sont facilement compréhensibles parce qu'elles se rattachent à des notions vaguement connues. C'est le manque de définition de ces notions qui rendait leur manipulation difficile.
Ces notions peuvent être représentées graphiquement pour construire un diagramme, qui clarifie la description d'un problème de comportement, et qui aide ainsi à trouver une action qui a plus de chance de succès. En cas d'échec de l'action, le diagramme peut être repris et modifié pour mieux décrire la réalité et ainsi trouver une nouvelle action.

La connaissance du fonctionnement du cerveau permet de mieux résoudre des problèmes de comportement et de juger la vraisemblance de solutions proposées par d'autres.